Histoires Paranormales II

16 juin 2012

Morts massives et soudaines, animales et humaines inexplicables à Fibreux

 

Morts massives et soudaines, animales et humaines inexplicables à Fibreux

 

La cessation de la vie physique, tant chez l'animal que chez l'homme, constitue un phénomène inévitable et quotidien. Lorsque néanmoins ledit phénomène survient en une zone déterminée en visant un grand nombre d'individus en un temps réduit et que l'explication scientifique fait ou semble faire défaut, il y a de quoi se poser des questions, comme cela a été le cas récemment dans la région de Fibreux...

 

A.    L'affaire des rats de Malether

 

En cette matinée nuageuse jusque tard dans la soirée,  le 16/12/2011, flottait à travers tout Préhistorvilles une désagréable odeur de décomposition. Ce miasme provenait essentiellement des égouts, des éviers, des fosses septiques et des décharges publiques. Certes, les lieux précités sont réputés produire des exhalaisons pestilentielles. Mais là, c'était vraiment différent : le parfum s'avérait carrément cadavéreux. Et comme pour rajouter une note charmante à cette nauséabonde atmosphère, des larves de mouches envahissaient les cuisines et les toilettes, ainsi que les poubelles !

On ne tarda pas à connaître la cause de cette situation sanitairement problématique : des rats de belle taille se putréfiaient, par millions ! Par-dessus le marché, à un rythme accéléré, comme si le processus recevait un coup de pouce calorique ou hygrométrique. Moins de 12 heures plus tard, les rongeurs n'étaient plus que liquide infect noirâtre.

Le pompeux Ministre fibreux de la Santé, sûr de lui comme un roi, pontifia sans honte à la télé qu'une épidémie de typhoïde (sic !) s'était emparée des rats. Comme, selon lui, la maladie n'était pas transmissible à l'homme, il n'y avait aucun risque. Les médecins rirent sous cape et le citoyen lambda emprunt de bon sens se roula plutôt par terre en se tenant les cotes, sachant pertinemment que le Ministre d'État leur servait des couleuvres trop grosses pour être gobées. Plusieurs zones d'ombre laissaient en effet penser que la population préhistorvilloise était une fois de plus confrontée à quelque chose d'anormal. Le nombre de rats mort est en lui-même insolite : on ignore leur provenance, tant ils étaient nombreux. La vitesse de décomposition des corps ne trouva non plus aucune explication rationnelle, ainsi que la nature de cette décomposition : même les os, même les poils se liquéfièrent ! Au microscope, seules se montrèrent les bactéries ordinaires impliquées dans la putréfaction, il est vrai en assez grande quantité. Toutefois, lesdites bactéries ne peuvent désagréger aussi rapidement le calcaire des os ni opérer tout aussi vite leur macabre boulot.

En haut lieu, je suis convaincu que les raisons et les mécanismes de cette étrange affaire sont connus. On préfère cependant se taire pour rassurer douillettement la masse...

 

B.    Les corbeaux du lieu-dit Olosam-Xahn

 

Les cultivateurs et autres promeneurs du lieu-dit Olosam-Xahn (à 427 km au Sud-Ouest de Malether) eurent la surprise de découvrir, dans les champs ou au travers les sentiers de fortune, des volatiles grillées parfois jusqu'à la calcination, dont certains fumaient encore en emplissant les environs d'un arôme déplaisant de chair et de plumes brûlées ! Le drôle d'événement eut lieu le 4/8/2010, probablement la nuit. On dénombra au total 873 morts. Après analyse et expertise, on découvrit qu'il s'agissait d'une même espèce : des corbeaux cendrés de Fibreux à col noir. Par pure superstition, les campagnards d'Olosam-Xahn évitèrent de toucher aux dépouilles presque dessechées, lesquelles étaient du reste dotées d'une intéressante et mystérieuse propriété : tout comme les cadavres d'animaux retrouvés au cimetière de Rhatrageux (voir http://imaginosparanorm.afrikblog.com/archives/2008/11/06/11260575.html), elles ne furent point attaquées par les insectes, les charognards ou les prédateurs. Mieux que les cadavres de Rhatrageux : elles ne pourrissaient pas !

Les biologistes et zoologues prétendent que la putréfaction est stoppée du fait d'une sévère dessiccation des corbeaux. Cela peut s'expliquer pour les oiseaux fortement calcinés, mais pas pour ceux qui ont simplement été grillés, qui composent par ailleurs la majorité des cadavres. Quant à la cause de ce « barbecue », les météorologues spéculent idiotement qu'il faut la rechercher dans la foudre ! Un orage très violent s'est en effet abattu sur le lieu-dit la veille de la découverte des corps des volatiles. Néanmoins, ledit orage prit fin vers 16 h, heure durant laquelle personne ne nota une chute quelconque d'oiseaux. De plus, avouons qu'il faut posséder une sacrée et tordue imagination pour établir et admettre un lien de cause à effet entre foudroiement et ce phénomène. On ne parla d'ailleurs de la chose qu'une fois à la Radio Nguma de Préhistorvilles et deux fois à la télé. Puis silence complet, comme dans la plupart des affaires qui mettent à mal à Imaginos le socle scientifique. La censure fut bien orchestrée, car même sur Infoway, l'info ne se répandit pas, hormis dans quelques sites adeptes de paranormal. On raconte également que certains collectionneurs du bizarre gardent jalousement chez eux quelques dépouilles...

 

C.     L'hécatombe du village Magnagnonne

 

La nouvelle fit les gros titres de tous les journaux du minimonde : en ce lundi 23 avril 2012, les 507 habitants du désormais célèbre village Magnagnonne, à seulement 19 km du non moins illustre village de Tombolo, à plus de 350 km à l'Est de Malether, furent tous sans exception retrouvés morts, frappés d'un mal inconnu et non encore (officiellement) identifié. On suspecta au départ une épidémie. L'hypothèse fut écartée, tous les trépassés jouissant d'une relative bonne santé. Le petit étang des Quatre Étrons fut à son tour pointé du doigt : les émanations fétides qui montent de ses eaux aussi troubles qu'empoisonnées sont souvent chargées de monoxyde de carbone, un tueur silencieux bien connu des chimistes. Ce fut d'ailleurs l'explication fournie par les médias, injectée par les grands labos de l'Université Polytechnique de Moltouvilles qui étudia « sérieusement » le dossier et enquêta sur terrain. Ladite explication ne tient pourtant pas debout : on ne déplora aucun décès d'animaux, tant domestiques que sauvages... !

Il est un détail très troublant, voire effrayant, car hautement énigmatique, qui ne fut pas publiquement révélé : les corps de tous les villageois étaient chauds ou toucher, 37,2°C de moyenne, mais le cœur, la respiration et les fonctions cérébrales étaient arrêtées !!! Cette singularité des plus curieuses dura encore 74 heures après la découverte des corps, puis la température chuta de manière extrêmement synchrone chez tous les « cadavres », comme par mouvement d'horlogerie. Environ 13 h 30 plus tard, toujours de façon simultanée, les étranges villageois retrouvèrent progressivement la température moyenne de 37° pendant deux heures, puis le thermomètre baissa définitivement à la température de la salle. Durant tout ce temps, les organes internes ne furent guère altérés...

 

Les fameuses dépouilles n'ont jamais été rendues à leur familles pas plus qu'elles n'ont été officiellement inhumées. Quiconque les réclame est objet de menaces aussi multiples que sans équivoque. Rien n'est plus fort à Imaginos que le secret d'État...

 

D.    L'asile psychiatrique Sainte-Gréonine du Plâtrier

 

Nous voilà de nouveau à Préhistorvilles. Un important déploiement policier et une foule importante occupent le Quartier Ascyalin au 12e arrondissement. L'épicentre de cet attroupement est la clinique psychiatrique Sainte-Gréonine du Plâtrier, imposant bâtiment à six niveaux. L'origine du rassemblement s'avère la nouvelle du décès de TOUS les pensionnaires de cette institution médical, ainsi que le trépas du personnel soignant et du personnel administratif. Plus de 450 morts, selon un bilan provisoire !!

L'événement fait le tour du pays, alimente les journaux et les conversations durant presque trois mois, c'est-à-dire de novembre 2010 (exactement le 6) à février de l'année suivante. Fait rarissime et par trop surprenant, les grandes robes de la Science ne s'expliquent pas ce « massacre ». Ils ont bien promis d'en trouver la cause et de la révéler « très prochainement ». On attend toujours...

Et on attendra longtemps, car en réalité, les services secrets savent que c'est suite à une ablation très partielle de matière cervicale que le drame est survenu. Une ablation des plus atypiques : en plein centre du cortex et de manière parfaitement sphérique, comme si on avait prélevé une bille de cervelle de 15 mm de la tête de plus de 400 individus ! Chose fantasmagorique, aucune trace de l'opération n'a été visible, aucune cicatrice, aucun traumatisme. Même le reste de la matière grise ne s'est pas refermé sur le trou créé ! Bref, une espèce de téléportation... Vous conviendrez avec moi que divulguer à la presse et au quidam de la rue pareille diablerie est susceptible d'engendrer d'infinies interrogations qui peuvent fort bien dégénérer en agitations difficiles à canaliser et à maîtriser. Autant reporter aux calendes grecques la publication du rapport d'autopsie... 

 

Morts massives et soudaines, animales et humaines inexplicables à Fibreux

 

La cessation de la vie physique, tant chez l'animal que chez l'homme, constitue un phénomène inévitable et quotidien. Lorsque néanmoins ledit phénomène survient en une zone déterminée en visant un grand nombre d'individus en un temps réduit et que l'explication scientifique fait ou semble faire défaut, il y a de quoi se poser des questions, comme cela a été le cas récemment dans la région de Fibreux...

 

A.    L'affaire des rats de Malether

 

En cette matinée nuageuse jusque tard dans la soirée,  le 16/12/2011, flottait à travers tout Préhistorvilles une désagréable odeur de décomposition. Ce miasme provenait essentiellement des égouts, des éviers, des fosses septiques et des décharges publiques. Certes, les lieux précités sont réputés produire des exhalaisons pestilentielles. Mais là, c'était vraiment différent : le parfum s'avérait carrément cadavéreux. Et comme pour rajouter une note charmante à cette nauséabonde atmosphère, des larves de mouches envahissaient les cuisines et les toilettes, ainsi que les poubelles !

On ne tarda pas à connaître la cause de cette situation sanitairement problématique : des rats de belle taille se putréfiaient, par millions ! Par-dessus le marché, à un rythme accéléré, comme si le processus recevait un coup de pouce calorique ou hygrométrique. Moins de 12 heures plus tard, les rongeurs n'étaient plus que liquide infect noirâtre.

Le pompeux Ministre fibreux de la Santé, sûr de lui comme un roi, pontifia sans honte à la télé qu'une épidémie de typhoïde (sic !) s'était emparée des rats. Comme, selon lui, la maladie n'était pas transmissible à l'homme, il n'y avait aucun risque. Les médecins rirent sous cape et le citoyen lambda emprunt de bon sens se roula plutôt par terre en se tenant les cotes, sachant pertinemment que le Ministre d'État leur servait des couleuvres trop grosses pour être gobées. Plusieurs zones d'ombre laissaient en effet penser que la population préhistorvilloise était une fois de plus confrontée à quelque chose d'anormal. Le nombre de rats mort est en lui-même insolite : on ignore leur provenance, tant ils étaient nombreux. La vitesse de décomposition des corps ne trouva non plus aucune explication rationnelle, ainsi que la nature de cette décomposition : même les os, même les poils se liquéfièrent ! Au microscope, seules se montrèrent les bactéries ordinaires impliquées dans la putréfaction, il est vrai en assez grande quantité. Toutefois, lesdites bactéries ne peuvent désagréger aussi rapidement le calcaire des os ni opérer tout aussi vite leur macabre boulot.

En haut lieu, je suis convaincu que les raisons et les mécanismes de cette étrange affaire sont connus. On préfère cependant se taire pour rassurer douillettement la masse...

 

B.    Les corbeaux du lieu-dit Olosam-Xahn

 

Les cultivateurs et autres promeneurs du lieu-dit Olosam-Xahn (à 427 km au Sud-Ouest de Malether) eurent la surprise de découvrir, dans les champs ou au travers les sentiers de fortune, des volatiles grillées parfois jusqu'à la calcination, dont certains fumaient encore en emplissant les environs d'un arôme déplaisant de chair et de plumes brûlées ! Le drôle d'événement eut lieu le 4/8/2010, probablement la nuit. On dénombra au total 873 morts. Après analyse et expertise, on découvrit qu'il s'agissait d'une même espèce : des corbeaux cendrés de Fibreux à col noir. Par pure superstition, les campagnards d'Olosam-Xahn évitèrent de toucher aux dépouilles presque dessechées, lesquelles étaient du reste dotées d'une intéressante et mystérieuse propriété : tout comme les cadavres d'animaux retrouvés au cimetière de Rhatrageux (voir http://imaginosparanorm.afrikblog.com/archives/2008/11/06/11260575.html), elles ne furent point attaquées par les insectes, les charognards ou les prédateurs. Mieux que les cadavres de Rhatrageux : elles ne pourrissaient pas !

Les biologistes et zoologues prétendent que la putréfaction est stoppée du fait d'une sévère dessiccation des corbeaux. Cela peut s'expliquer pour les oiseaux fortement calcinés, mais pas pour ceux qui ont simplement été grillés, qui composent par ailleurs la majorité des cadavres. Quant à la cause de ce « barbecue », les météorologues spéculent idiotement qu'il faut la rechercher dans la foudre ! Un orage très violent s'est en effet abattu sur le lieu-dit la veille de la découverte des corps des volatiles. Néanmoins, ledit orage prit fin vers 16 h, heure durant laquelle personne ne nota une chute quelconque d'oiseaux. De plus, avouons qu'il faut posséder une sacrée et tordue imagination pour établir et admettre un lien de cause à effet entre foudroiement et ce phénomène. On ne parla d'ailleurs de la chose qu'une fois à la Radio Nguma de Préhistorvilles et deux fois à la télé. Puis silence complet, comme dans la plupart des affaires qui mettent à mal à Imaginos le socle scientifique. La censure fut bien orchestrée, car même sur Infoway, l'info ne se répandit pas, hormis dans quelques sites adeptes de paranormal. On raconte également que certains collectionneurs du bizarre gardent jalousement chez eux quelques dépouilles...

 

C.     L'hécatombe du village Magnagnonne

 

La nouvelle fit les gros titres de tous les journaux du minimonde : en ce lundi 23 avril 2012, les 507 habitants du désormais célèbre village Magnagnonne, à seulement 19 km du non moins illustre village de Tombolo, à plus de 350 km à l'Est de Malether, furent tous sans exception retrouvés morts, frappés d'un mal inconnu et non encore (officiellement) identifié. On suspecta au départ une épidémie. L'hypothèse fut écartée, tous les trépassés jouissant d'une relative bonne santé. Le petit étang des Quatre Étrons fut à son tour pointé du doigt : les émanations fétides qui montent de ses eaux aussi troubles qu'empoisonnées sont souvent chargées de monoxyde de carbone, un tueur silencieux bien connu des chimistes. Ce fut d'ailleurs l'explication fournie par les médias, injectée par les grands labos de l'Université Polytechnique de Moltouvilles qui étudia « sérieusement » le dossier et enquêta sur terrain. Ladite explication ne tient pourtant pas debout : on ne déplora aucun décès d'animaux, tant domestiques que sauvages... !

Il est un détail très troublant, voire effrayant, car hautement énigmatique, qui ne fut pas publiquement révélé : les corps de tous les villageois étaient chauds ou toucher, 37,2°C de moyenne, mais le cœur, la respiration et les fonctions cérébrales étaient arrêtées !!! Cette singularité des plus curieuses dura encore 74 heures après la découverte des corps, puis la température chuta de manière extrêmement synchrone chez tous les « cadavres », comme par mouvement d'horlogerie. Environ 13 h 30 plus tard, toujours de façon simultanée, les étranges villageois retrouvèrent progressivement la température moyenne de 37° pendant deux heures, puis le thermomètre baissa définitivement à la température de la salle. Durant tout ce temps, les organes internes ne furent guère altérés...

 

Les fameuses dépouilles n'ont jamais été rendues à leur familles pas plus qu'elles n'ont été officiellement inhumées. Quiconque les réclame est objet de menaces aussi multiples que sans équivoque. Rien n'est plus fort à Imaginos que le secret d'État...

 

D.    L'asile psychiatrique Sainte-Gréonine du Plâtrier

 

Nous voilà de nouveau à Préhistorvilles. Un important déploiement policier et une foule importante occupent le Quartier Ascyalin au 12e arrondissement. L'épicentre de cet attroupement est la clinique psychiatrique Sainte-Gréonine du Plâtrier, imposant bâtiment à six niveaux. L'origine du rassemblement s'avère la nouvelle du décès de TOUS les pensionnaires de cette institution médical, ainsi que le trépas du personnel soignant et du personnel administratif. Plus de 450 morts, selon un bilan provisoire !!

L'événement fait le tour du pays, alimente les journaux et les conversations durant presque trois mois, c'est-à-dire de novembre 2010 (exactement le 6) à février de l'année suivante. Fait rarissime et par trop surprenant, les grandes robes de la Science ne s'expliquent pas ce « massacre ». Ils ont bien promis d'en trouver la cause et de la révéler « très prochainement ». On attend toujours...

Et on attendra longtemps, car en réalité, les services secrets savent que c'est suite à une ablation très partielle de matière cervicale que le drame est survenu. Une ablation des plus atypiques : en plein centre du cortex et de manière parfaitement sphérique, comme si on avait prélevé une bille de cervelle de 15 mm de la tête de plus de 400 individus ! Chose fantasmagorique, aucune trace de l'opération n'a été visible, aucune cicatrice, aucun traumatisme. Même le reste de la matière grise ne s'est pas refermé sur le trou créé ! Bref, une espèce de téléportation... Vous conviendrez avec moi que divulguer à la presse et au quidam de la rue pareille diablerie est susceptible d'engendrer d'infinies interrogations qui peuvent fort bien dégénérer en agitations difficiles à canaliser et à maîtriser. Autant reporter aux calendes grecques la publication du rapport d'autopsie... 

Posté par Kule Tundira à 09:51 - Commentaires [1] - Permalien [#]

15 juillet 2010

LES MALÉDICTIONS EN SÉRIE DU SCEPTRE DE TZORKLUSK



Tout le mini-monde, du bambin de la maternelle au sénile nonagénaire de l’hospice, a entendu parler au moins une fois dans sa vie passagère d’Oyak Tzorklusk, redoutable chef coutumier tombolien né à l’autre bout d’ImaginosNicol’h Avh, région d’Amorphe) en 1475 et décédé dans de plus que nébuleuses circonstances à Tombolo 84 ans plus tard, en 1579. Ledit chef coutumier détenait un bâton de pouvoir qu’il prétendait (peut-être disait-il vrai) n’être pas d’origine imaginienne. Des témoins de l’époque affirmaient que l’objet en question lançait autant la foudre que de mauvais sorts de toutes nuances, avec effets prolongés dans le temps (cinq générations !). Concernant le feu du ciel, aucune preuve en dehors de la preuve testimoniale n’est venue étayer la rumeur. Pour ce qui est des malédictions cependant, les archives possèdent assez de données pour qu’on s’accorde à dire que le sceptre de Tzorklusk renferme un maléfice dont la concentration atteint des teneurs tout bonnement effarantes. Petit tour d’horizon.

Vers fin août 1581, le curé de la paroisse de Malether (qui n’était alors qu’un gros bourg), Groth Amelet, féru d’ésotérisme tout en étant un irréprochable abbé, eut, je ne sais comment, vent de l’existence du sceptre de Tzorklusk. Profitant, croyait-il, de la mort de son proprio, il envoya à Tombolo, en espions, quatre moines se faisant passer pour de paisibles voyageurs, dont la périlleuse entreprise fut de dérober le bâton de pouvoir. Les monacaux y parvinrent : après avoir drogué les deux gardes de la case du chef défunt, ils s’emparèrent du sceptre qui, aux dires de nos religieux, flottait à un mètre et demi au-dessus d’un coffre ouvert, mais vide ! La nuit même de leur coup, les quatre hommes s’en allèrent.

Aucun des moines ne survécut au sacrilège. Celui qui mit la main sur l’objet subit un vieillissement accéléré. De 43 printemps, il se dessécha et se ratatina pour prendre l’apparence d’une momie trois fois millénaire en l’espace de seulement 48 heures ! Le plus robuste, qui fomenta le vol, se putréfia en quelques minutes : la vermine le dévora en un rien de temps, à la manière d’Hérode du temps du Christ. Le troisième mourut d’étonnement en voyant son compagnon transformé en une bouillie d’asticots. Le quatrième, intrépide, eut la vie épargnée jusqu’à la paroisse. Mais arrivé au parvis de l’église, devant les yeux effrayés de l’abbé Groth, le moine se tordit de douleur, lâcha le sceptre, puis rendit sous des giclées de sang et en un temps record tous ses organes internes en morceaux, des poumons aux entrailles en passant par le foie et la rate. Tout tremblant, le prêtre se saisit du sceptre après avoir prononcé une litanie de prières de conjurations. 

Toutes ces patenôtres n’eurent malheureusement que fort peu d’effets : l’abbé Groth Amelet fut emporté une semaine plus tard par une peste bubonique très purulente, laquelle se propagea à travers tout Préhistorvilles et à plus de 200 km à la ronde, décimant hommes et bétails. Une hécatombe qui s’arrêta mystérieusement 140 ans plus tard, en 1721, ce qui équivaut grosso modo à cinq générations !

Au milieu d’amoncellements de cadavres et de ruines d’une ville abandonnée et d’un couvent pas moins désert, un aventurier que rien n’ébranlait, Titien Ahaurf, retira assez facilement le sceptre maléfique du coffre en ébène et solidement cadenassé qui l’enfermait. Comme à son accoutumée (ce qui est inaccoutumé), l’objet flottait dans ledit coffre, sans contact avec celui-ci. Loin de Malether, quasiment en pleine brousse, accompagné de son acolyte Diagon Niagone, bandit de renom, Titien alluma un grand feu et y jeta le bâton de pouvoir. Sous les yeux écarquillés et le regard terrifié de Diagon, le téméraire se changea instantanément en un petit tas de cendre grise sans qu’il eût l’occasion de dire « Ah ! » ou « Eh ! ». Un vent chargé de voix humaines dispersa ces restes… aux quatre vents, en fait. Dans les secondes, le feu s’éteignit hors de toute intervention palpable. Le sceptre demeurait intact, comme si les langues de feu étaient des caresses de femme experte. Selon Diagon (il le consigna dans son journal intime retrouvé dans son repaire), le sceptre était à peine tiède au toucher !

De retour dans sa planque, le brigand attacha le bâton de pouvoir à une solide chaînette. D’un pas déterminé, il se dirigea vers le Quai Djobar, emprunta (sans demander à quiconque) un petit voilier nuitamment, histoire de lancer le sceptre en pleine rivière Stégonia une fois l’ayant préalablement fixé sur une grosse pierre, elle-même enchaînée et crochetée. Au moment de jeter l’objet à l’eau, il se scotcha sur le pont du petit bateau. Malgré sa vigueur naturelle, Diagon ne sut guère détacher la pierre du navire ! Alors qu’il s’escrimait de toutes ses forces à retirer le bâton de pouvoir, une balle siffla dans l’obscurité, puis s’éclaboussa une projection de cervelle. L’armateur du voilier avait visé juste. Son ouïe féline ne l’avait pas trompé : dans un demi-sommeil auquel il est habitué, il a parfaitement senti qu’on lui dérobait son bien le plus précieux. Il attendit juste le bon moment pour agir. 

Bien le plus précieux qui explosa dans les instants qui suivirent, dans un vacarme assourdissant, sous une gerbe, non pas de flammes, comme on pourrait se l’imaginer, mais de bois et de métal. Autrement dit, le voilier vola en éclats sans cause décelable, sans explosif ! Arkiel Hefitescu, l’armateur, assez surpris du soudain phénomène, n’en fut pas pourtant tellement ému : la coquille de noix qui lui servait d’embarcation n’était pas des mieux entretenues et les fuites étaient si nombreuses que tôt ou tard, ça devrait couler un jour. C’est plutôt par pur mercantilisme que notre armateur plongea dans la rivière. Ayant en effet entendu parler du sceptre de Tzorklusk qui, par bonheur, se trouvait à présent flottant entre deux eaux, il n’y avait pas meilleure occasion que celle-ci que de le vendre à un prix exorbitant au mieux offrant. Mal en prit à Arkiel. Un énorme crocodile aux terribles mâchoires dépeça littéralement le pauvre armateur et l’engloutit vite fait bien fait. Seuls la chaussure et le pied gauches de ce dernier ne composèrent pas le sinistre menu du reptile.

L’objet, quant à lui, miraculeusement (pour ne pas dire diaboliquement) délesté de la pierre et de la chaînette, dérivait au gré du courant jusqu’à ce qu’un pêcheur inculte, 252 km plus loin, le recueillît dans ses filets, estimant sa trouvaille assez jolie pour qu’elle orne l’un des murs de son modeste salon d’une humble chaumière. Le sceptre fit savoir son mécontentement à Brutam, le pêcheur, en frappant dès le lendemain sa famille d’une succession de malheurs et de déboires trop longs à détailler en ces lignes : la mauvaise fortune dura 155 ans ! À l’heure où j’écris ce texte, jusqu’au troisième degré, la lignée des Brutam a complètement disparu. La vente du bâton de pouvoir accusé avec raison d’être responsable de tous les maux n’y a rien changé. Ladite vente eut lieu le 16 mars 1801, au prix le plus fort : 12 000 I (60 000 $ obamiques) ! Aucun des proches du pêcheur ne jouit de cet argent : des forbans apparemment bien informés poignardèrent le gars qui conclut le marché. Une fois en possession de la malle aux billets, les canailles se livrèrent en pleine forêt à un pugilat réglementaire, à des coups de couteaux désordonnés, le tout se soldant par un carnage absolu. Un bûcheron qui avait tout vu de derrière un gros okoumé entreprit l’exploit de tirer seul le gros coffre. Il butta sur une souche et s’affala sur une branche un peu trop aiguisée qui le transperça de part en part. En 1997, lorsqu’on retrouva le butin à côté du squelette du coupeur d’arbres, les coupures achevaient de pourrir. La malle, elle, totalement vermoulue, n’avait plus aucune valeur marchande. Même le collectionneur le plus acharné n’en voudrait pas, pas même pour un kopeck.

Mais revenons donc au fameux sceptre. Le jeune et riche banquier de 26 ans qui en fit l’acquisition se prénommait Berghmans. Sa femme légitime, ses 17 maîtresses et leurs descendances n’enfantèrent rien de bon : soit des mort-nés, soit des monstres, soit des retardés mentaux, soit encore d’inégalables fumeurs et vendeurs de forte came et des pétasses. L’une d’entre elles, célèbre dans tout Imaginos suite à ses frasques scabreuses et sordides, une certaine Gervaise Ansikayiu, fut retrouvée morte dans son petit appart, à poil, le ventre gonflé, plein de neuf litres de vin et de bouffe ! Elle avait en main le bâton maudit et Dieu seul sait ce qu’elle avait tenté de faire. Après de rapides funérailles, la famille prit le parti de se débarrasser de l’objet maléfique dans l’un des multiples marais qui ceinturent l’Étang aux Croacrazores, à 200 km au Sud-Ouest de Malether. On ne retrouva jamais l’hélico qui transporta les quatre personnes chargées de la mission, qui s’éclipsèrent d’ailleurs avec ledit hélico. Officiellement, le sceptre de Tzorklusk se volatilisa avec l’équipage, en 1949, le 22 mai.

Officieusement, il se raconte en chuchotant que par un prodige qui ne dit guère son nom, le bâton magique tomba non loin du couvent Sainte-Nistatina, réputé dans toute la Province de Fibreux pour la ferveur sans pareille des sœurs qui s’y recueillent. L’une des nonnes, qui cultivait son champ de betteraves, aperçut l’objet maléfique tomber du ciel. Reconnaissant immédiatement le sceptre par sa forme caractéristique de phallus en érection, la religieuse se signa à maintes reprises et accourut avertir la mère supérieure, Lola Iwkesa. Aussi prudente qu’une pucelle qu’elle était au milieu d’une meute de violeurs multirécidivistes, elle s’en référa au grimoire plusieurs fois centenaire rédigé par un pieux évêque de la contrée, le Père Takis Kasperskos. Le vieux vicaire, inspiré par je ne sais qui, connaissait le moyen de neutraliser les pouvoirs délétères du sceptre. Il suffisait simplement de le plonger dans un bac cubique de 50 cm de côté rempli d’eau bénite et d’enterrer bien profond ledit bac qui se doit par ailleurs d’être bien scellé.

Munie de tout le nécessaire, la mère supérieure se rendit au champ, tira le bâton de pouvoir au moyen d’un râteau, puis le balança dans le récipient cubique. Un hurlement féminin glacial accompagné de ricanements s’en échappa, ainsi qu’une fumée verdâtre d’odeur pestilentielle. Toutes celles qui humèrent ce gaz démoniaque périrent asphyxiées. Parmi les trépassées l’on comptait la mère supérieure elle-même qui n’avait manifestement pas lu la dernière page du grimoire où tout était pourtant on ne peut plus clairement détaillé. Les autres nonnes, elles, prirent la poudre d’escampette après avoir rassemblé leurs maigres affaires.

Le chanoine Bonifacio Duputron, prêtre à plein temps, alchimiste en de rares occasions, occultiste quand il le peut, passait comme par hasard dans les parages tard la nuit lorsqu’il remarqua les corps sans vie des sœurs et le cube qui avait cessé de fumer. Il comprit en un clin d’œil ce qui se tramait. À l’aide d’une bèche, il creusa un trou à quelques pas de là, ferma hermétiquement le récipient dans lequel baignait l’objet malfaisant, lequel récipient rejoint ledit trou. Jugeant avoir suffisamment joué au fossoyeur, il abandonna les dépouilles des pauvres religieuses et poursuivit en bagnole sa nocturne randonnée.

Depuis lors, le couvent, une fois l’engouement médiatique retombé suite à la découverte des cadavres, est devenu un complexe sportif où il ne se passe rien de bien fâcheux ni de bien méchant. Le grimoire du Père Takis est exposé à la vitrine du Musée des Horreurs de Préhistorvilles. Le sceptre de Tzorklusk ne fait plus parler de lui. Toutefois, en fin 2009, des fouilles secrètes organisées par une société du même qualificatif révélèrent que l’objet et le cube censé le contenir semblent avoir… changé d’endroit ! Qui diantre les a déplacés, et dans quelles inquiétantes et obscures fins ?

On n’espère pas avoir les réponses à ce questionnement de sitôt.

Affaire à suivre…

Posté par Kule Tundira à 11:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]

28 octobre 2009

Un peu d'humour : deux histoires de chien et de chat presque à dormir debout...

CHIEN ZOMBIE ?

Le 14 février 1997, une scène on ne peut plus étrange s'est déroulée aux alentours du micromarché d’Alefake, dans la bourgade Intredrenk, à 410 km au Nord-Ouest de Malether. Plus d'un ne pourra pas croire à l’histoire que je me propose de raconter. Et pourtant... il n'y a pas plus vrai !

Un groupe de 25 gamins s'était décidé ce matin-là de torturer à mort un clébard qui, selon les dires de certains, avait transmis le microbe rabique à toute une famille désormais six pieds sous terre. La « terreur des lieux » porte bien son nom : Alikam, ce qui signifie « sang » en alagnil, la langue la plus parlée dans la région de Fibreux après le français et l’anglais. Marc, Valentin et les autres, gamins quelque peu délurés, de 9 heures à trois heures de l'après-midi, prenaient un malin plaisir à lapider l’animal. Évidemment, Alikam ne s'était pas contenté seulement de lancement de gros cailloux ! Déjà aux environs de 10 h 30, force lui était obligée de perdre sa partie intime, ainsi que ses deux boules pour son escorte.

Précisément à 15 h 18 minutes 49 secondes, les mômes-bourreaux constatèrent enfin que le pire cauchemar du quartier cessa soudain de respirer. Toutefois, Asagnam, le fossoyeur de circonstance, voulait donner le coup de grâce à sa façon. Demandez-moi ce qu'il fit : il asséna un terrible coup de bêche au museau du pauvre quadrupède. Ce dernier y consentit, car il ne poussa aucun cri...

15 h 20. Les chenapans, disons plutôt les héros nationaux, satisfaits de leur noble besogne, ne pouvaient qu’organiser des obsèques brèves, mais dignes d'un chien d'une cruauté pareille à cette d’Alikam. Pendant qu’Asagnam creusait consciencieusement une fosse, Marc récitait à haute voix et avec un ton solennel une patenôtre et six ave. Dieu seul sait si les prières lui adressées étaient appropriées à l'occasion... C'est, je pense, vers 15 h 30 que la dernière motte de terre se devait d'être posée lorsqu'il survient une chose hors du commun des mortels...

Valentin s'apprêtait à faire un dernier signe de croix. Le geste de sa main droite s’arrêta au niveau de la poitrine, puis s'y immobilisa, de frayeur. Hallucinait-il ou était-ce vrai que le sol remuait un peu ? Son doute fut immédiatement levé dès qu'il remarqua la tête du chien se dresser, parcourant de ses yeux vides l’illustre assemblée de ses assassins. La bête presque aussitôt émis un grognement d’outre-tombe. Trois secondes plus tard, même les pigeons quittèrent la place !

La scène suivante, en principe, ne mérite pas description. Imaginez-vous seulement un klebs poursuivant ses bourreaux, les intestins pendant, la langue rasant le sol, car n'étant plus soutenue par le museau réduit en charpie.

15 h 38. Makila avaient épuisé ses dernières forces. Il s’affala par terre, pour de bon cette fois. Personne n’édifia une sépulture en son honneur. Ses os mirent du temps à devenir poussière, un peu comme ceux de Kibemba, la chauve-souris...

CHAT ÉCHAUDÉ

Lundi 20 juillet 1998, 17 h 30 minutes, Quartier Iznayam, Rochetandr, un coin plus que perdu de Fibreux, à plus de 600 km au Sud de Préhistorvilles. Il règne une chaleur si torride que plus d'un pensent que le diable en personne visite la ville en ce moment. Bien que le soleil se positionne vraiment vers l'ouest il n'y a pas grand changements de température depuis douze heures, malgré la déclivité des rayons supposés bienfaits en. Du reste, on s'abstient de toute sortie ; les rues sont presque désertes. Les gens se retrouvent soit au salon pour se droguer de télé, soit dans les parcelles clôturées pour écouter un peu de musique en profitant du semblant de fraîcheur que procurent les arbres. Pour un plaisir plus profond sous cette canicule, il y en a même qui préfèrent faire une partie en coulisses avec leurs partenaires dans la chambre, d’où s'échappent de petits soupirs de satisfaction. Bref, chacun essaie ce jour-là de s'occuper du mieux qu'il peut.

L'atmosphère semble calme et lourde. On rit dans les enclos ; les gars discutent fiévreusement dans les salons. La joie atteint son faîte. Quelques secondes plus tard, une chute de tension électrique très brève est ressentie par tous les appareils du quartier. Les bouches se taisent un moment (sauf dans les chambres, évidemment), presque au rythme de la radio et la télé qui se sont tues un instant. Mais les conversations reprennent peu après le rétablissement de la situation de départ. À Iznayam, de toute façon, on est habitué aux fluctuations diurnes et nocturnes, et il ne se passe de deux jours qu'on apprend que tel appareil a explosé, même avec stabilisateur ! La cause en est que pour une raison assez obscure, le service d'entretien des cabines ne fout plus ses panards dans le quartier depuis déjà trois ans. Le réseau de distribution est en outre surchargé : on peut, chaque nuit, voir les câbles aériens s’illuminer comme des rubans orange. La cabine principale, elles, fume en permanence...

Néanmoins, en cette fin d'après-midi, quelque chose d'extraordinaire arrive, auquel personne ne s’attend.

Le quartier, tranquille jusque-là, connaît une formidable déflagration très brusque quelques minutes après une autre chute de tension. On aurait dit une grenade de grande force destructrice. Les habitants aux alentours de la cabine centrale, au comble de la surprise, entendent aisément un cri déchirant immédiatement succéder à l'explosion. C'est avec peine qu’on y reconnaît le miaulement d’un chat. Vous devinerez que c'est tout le monde qui sort de chez lui précipitamment, tout en ayant songé à débrancher les appareils essentiels de la maison.

Les électriciens bricoleurs accourent vers le lieu suspect d’où se dégagent d’épaisses volutes de fumée. De loi déjà, ça sent la chair brûlée. Le spectacle qui s'offre aux yeux des techniciens, bien que macabre, est un tantinet rigolo : une énorme chatte gravide se tient dans un enchevêtrement de fils, les deux pattes avant accrochées au neutre est à la phase de sortie. Des émanations en grande quantité s'élèvent de toutes les ouvertures naturelles. L'animal, dont le ventre est prêt à éclater, semble nous faire un horrible rictus et fixe ses observateurs avec étonnement. Son volume augmente à vue d’œil. Dans la foule derrière les électriciens, une jeune fille ne s'empêche pas de vider son estomac sous les pompes de ses voisins.

L'un des bricoleurs se prépare à décoller ce qui reste du mangeur de souris. Dès qu’une tenaille s'accroche à l'une des pattes, l'abdomen du minet vole en lambeaux comme un ballon. Puis, ce sont les yeux qui fusent des orbites un à un, tels des pétards de bonnes années, cela dans l'horreur générale. Ils finissent leur course dans le bac à pains d’une vendeuse toute juste revenue de la boulangerie d'à côté. Celle-ci hurle son effroi, et perd connaissance. Il lui faut une demi-heure pour reprendre conscience. Qu’elle ne vende pas ce soir est plus qu'une évidence.

Quelques coups de pince plus tard, la bête est détachée. Il faut deux ou trois manœuvres pour rétablir le courant à Iznayam. Les faits ne nous disent pas si la chatte a accompli un acte kamikaze. Ils ne disent pas non plus si c’est plutôt un demeuré qui a voulu s'amuser...

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03 septembre 2009

MORTEL DÉVERGONDAGE

MORTEL DÉVERGONDAGE

  « Deux jeunes filles retrouvées mortes dans l’une des chambres de l’Hôtel Mangunzus », titrait en première page et en grosse police le prestigieux quotidien préhistorvillois Mandrillin, le matin du samedi 8 août 2009. À moins de quatre kilomètres de là, la mairie du 9e arrondissement enregistrait ce même jour le décès d’une autre demoiselle qui créchait Rue Atinak, Quartier Scopulences. Les rapports d’autopsie des victimes ne révéla ni pathologie ni intoxication ni traumatisme ni dysfonctionnement de quelque organe. Ce qui semble toutefois certain est la soudaineté et la violence de la mort, si l’on en croit l’expression torturée des visages des filles. Il est donc aisé de constater que les causes du passage de vie à trépas de celles-ci n’ont rien de naturel, pour ne pas dire rien de rationnel. Une enquête mystique a d’ailleurs été diligentée qui est en cours. Et le suspect n°1 a fui la région de Fibreux : un dénommé Rufius Ergon-Swang, jeune diamantaire richissime connu pour ses pratiques troubles tant dans son commerce que dans sa spiritualité. Si les TLM (1) mettent la main sur son ignoble personne, Rufius risque la perpète ou, si les juges sont cléments, 20 à 40 ans de tôle à Zotrabol. C’est le témoignage de la fille facile du Quartier Scopulences qui guida le Parquet vers la piste de notre sombre homme d’affaires. Les proches de la fille de joie affirment que cette dernière expira moins d’un quart d’heure après avoir relaté le récit que voici, dont certains passages gores demandent de la part du lecteur un moral d’acier…

  Hôtel Mangunzus, Préhistorvilles, 20 h 30’. Sur la table n° 18 attendent trois jeunes femmes, disons trois jeunes filles. À les voir, on croira des dames de la haute classe, avec leurs robes décolletées sortant tout droit de la collection été de la maison El-Uk et leurs fines sandales, dernier cru de la collection non moins prestigieuse Helga Frimuldiv. Eh bien, Noémie Fwabhas, Ursula Juijui et Maeva Aglabini travaillent quatre jours sur sept pour Intenses Effluves, la plus grande agence de call-girl de Malether. Nos trois créatures, respectivement de 19, 22 et 18 ans, sont des professionnelles du sexe. Pas de vulgaires pétasses à 10 astragales (2) la nuit, mais des prostituées qui donnent plaisir et réconfort à de la grosse pointure qui n’hésite pas à casquer 100 I par coup tiré, si vous voyez ce que je veux dire. Et le client (ou l’hôte, selon l’angle où l’on se situe) qui s’amènera d’un instant à l’autre pèse lourd : Rufius Ergon-Swang, jeune, séduisant, mais surtout… argenté !

  Tout justement, après 45 longues minutes, le diamantaire apparaît à l’entrée de l’hôtel sept étoiles. Il s’est mis sur son 31, de la haute couture évaluable en milliers d’imagis. Tout sourire et toute douceur, Ursula, Noémie et Maeva invitent l’élégant monsieur à leur table. Comme stipulé dans le contrat, c’est Rufius qui paie la facture des plats et des liqueurs. Nos trois garces ne se privent guère. Sous une ambiance où l’on cause de tout et de rien, elles se remplissent la panse avec excès, ce qui rend leur esprit lourd. Notre jeune richard, quant à lui, consomme modérément et conserve ipso facto toute sa lucidité. Il sait quel obscur tour il aura à opérer dans les minutes suivantes, pratique devant s’observer la tête fraîche.

  Comme un seul homme, nos trois prostituées et le commerçant prennent l’ascenseur et atteignent le cinquième niveau, chambre 251. Rufius ferme la porte à double tour et demande d’une voix étrangement mécanique aux trois demoiselles de se déshabiller, ce qu’elles font de la manière lubrique qu’elles maitrisent. Toujours d’une inflexion robotique, le diamantaire lance ceci, qui a le don de plaire aux trois coquines : « Mis à part ce que j’ai dû payer à l’agence qui vous engage, vous partirez d’ici chacune avec 1000 I en liquide ». Très calmement et très poliment, Rufius tend à Noémie, à Ursula et à Maeva les sommes susdites, qu’elles s’empressent de flanquer dans leurs sacs. La suite du discours atténue nettement la joie qui animait déjà nos garces, les faisant se jeter des regards interrogateurs, voire inquiets : « Désormais, au prix de trois repas et de 3000 I, vos âmes m’appartiennent ».

  Ceci dit, l’homme d’affaires ôte son chapeau en peau de zèbre. Un spectacle horrifiant s’offre aux yeux de nos jeunes filles, soudain pétrifiées d’effroi : Rufius ne possède apparemment pas de calotte crânienne. De plus, en lieu et place de la cervelle grouille une épaisse vermine baignant dans une humeur noirâtre. De deux gestes rapides, notre richard à la matière grise putréfiée fait signe aux prostituées de ne pas crier, sinon elles crèvent. « Essayez également de manifester une attitude de dégoût, c’est votre fin », ajoute-t-il. Le triste sorcier déboutonne ensuite sa chemise et laisse descendre son pantalon et son slip. Horrifiées au plus haut point, les call-girls ont l’insoutenable loisir d’admirer des lambeaux de poumon affleurer du torse de Rufius, ainsi que des morceaux des deux intestins pendouiller de son ventre, morceaux d’où suinte une humeur visqueuse jaunâtre des plus malodorantes. C’est trop crade pour Ursula, la plus âgée, qui, malgré des efforts désespérés, se penche, pousse un hoquet et rend son copieux repas. Le diamantaire n’a pas l’air d’apprécier. Il claque des doigts et au même instant, la fille lance un soupir d’étouffement sous un jet de vomi et tombe par terre, raide morte.

  Maeva, la cadette, a le courage de demander à Rufius ce qu’il veut d’elles.

* « Ça tombe pourtant sous le sens, ma belle, mâchonne le jeune (mais talentueux) occultiste. Une partie de jambe en l’air. Quelle question ! Ce n’est quand même pas pour prier le chapelet que vous êtes venues jusqu’ici…

* Vous avez déjà acheté nos âmes, crie la putain en larmes. On mourra de toute façon. Pour rien au monde je ne coucherai avec un mec semi-décomposé ! Préfère crever dix fois !

* Tes désirs sont des ordres, salope ! »

  D’un mouvement de sa main gauche, comme s’il écrasait quelque chose dans sa paume, Ergon-Swang ravit le souffle de vie de Maeva qui, le temps d’une seconde, soupire bruyamment et tombe sur le lit, la bouche grande ouverte. Noémie, la seule encore en vie, ne peut que se plier à la volonté du bourreau, assortie d’une menace on ne peut plus explicite : « Une fois sortie de cette chambre, après notre union, je te garantis que tu ne mourras que si moi-même je trépasse. Cependant, au cas où tu te permettrais de narrer cette aventure, tu ne connaîtras pas les heures qui suivront ». La besogne accomplie (nous ne savons pas si c’était des rapports protégés ou pas), Rufius ordonna à Noémie de prendre bain et de quitter la chambre l’air le plus calme du monde, comme si rien ne s’était produit, sous peine de mort, naturellement.

  La jeune fille, dotée d’une rare maîtrise de soi, regagne l’extérieur, prend un taxi, non pas vers son agence, mais plutôt en direction de son domicile. Surprise d’entendre frapper à la grille à minuit passé, la maisonnée de Noémie se réveille. Celle-ci éclate en sanglots durant presque dix minutes, bredouillant que sa fin est proche. Sa mère la baffe pour lui remettre les pieds sur terre et son paternel lui administre un coup de poing dès qu’elle finit de raconter son incroyable histoire. « Vendre ton corps à qui le désire, c’est ton quotidien et ton choix qu’on a d’ailleurs respecté vraiment à contrecœur. Mais vendre ton âme à un sorcier fut la plus grave erreur de ta vie. Selon nos coutumes, comme tu le sais, ton deuil sera expéditif et personne ne pourra pleurer sur ta dépouille ». Tout cela n’était que belles paroles de faux sage : quand Noémie rendit son dernier soupir vers une heure du mat, les traits de son visage crispés, qui ne versa pas d’intarissables larmes ? La défunte était certes de mœurs légères, mais aussi très gentille et fort sociable.

  Ergon-Swang, quant à lui, jusqu’à ce jour, est poursuivi par les TLM pour meurtre irrationnel. Toute la justice de la région de Fibreux est à ses trousses. Malheureusement, notre occultiste et richissime jeune homme réside dans une magnifique villa à Eltithax, petite cité de la région de Coriace, très loin de toute atteinte d’un tribunal mystique, uniquement compétent dans la seule région de Fibreux. Néanmoins, la sordide affaire ayant fait le tour de tout Imaginos, Rufius fut maintes fois objet d’interpellations des services judiciaires de droit commun, juste pour raison d’enquête. Il se dit, à petite voix, que lors du dernier interrogatoire, le diamantaire rétorqua quelque chose de ce genre : « Une preuve de ces assassinats serait la bienvenue. Ai-je étranglé, charcuté, égorgé ? Où est l’arme du crime imaginaire que vous m’imputez ? Si vous continuez avec vos questions insensées qui me font perdre mon précieux temps, je connais des gens haut placés à la Présidence qui vous en feront voir de tellement vertes et de pas mûres que même une mort en phase terminale de cancer vous semblera bien douce ! ». Rufius aurait prononcé cette phrase d’une manière si sinistre que la juge d’instruction classa sans délai l’affaire sans suite.

  De lege ferenda, il faudrait véritablement étendre la compétence des TLM dans tout Imaginos, histoire de traquer des truands de la trempe d’Ergon-Swang.

……………………………………………………………………..

1 Les Tribunaux des Litiges Mystiques, dont j’ai fait une description à l’adresse suivante : http://imaginosparanorm.afrikblog.com/archives/2007/01/27/3820601.html

2 L’astragale (a) est le sous-multiple de la monnaie d’Imaginos appelée imagis (I). Un imagis vaut 100 astragales et 5 $ US.

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03 février 2009

COSTA SEPTENATANA AUX MULTIPLES POUVOIRS HORS DU COMMUN

COSTA SEPTENATANA AUX MULTIPLES POUVOIRS HORS DU COMMUN

Compte-rendu de l’interview organisée par le journaliste Randy Bagrashivlash, d’Ominous Investigation, section Préhistorvilles. C = Costa, R = Randy

Ce matin du dimanche 26 août 2007, Costa m’attend à la terrasse d’un café du 16e arrondissement de Malether ([1]). Notre jeune femme de 25 ans a tout pour séduire : beau visage au regard assez intelligent et vif, longue chevelure noire, taille moyenne-grande, teint métissé, formes généreuses, mini-jupe, blouson et bottes assez sexys. Dommage qu’elle soit seule et qu’elle le veuille mordicus… !

R

:

Bonjour, Costa !

C

:

Salut, Randy !

R

:

Nous sommes ici pour que vous nous parliez de manière assez ramassée de vos multiples dons et pouvoirs peu ordinaires.

C

:

Je sens dans votre voix une espèce d’attirance pas trop désintéressée.

R

:

Mais non, voyons !

C

:

Eh, faut pas mentir ! Je lis, si je le veux bien, jusque dans les parcelles les plus enfouies de la pensée d’un individu. Bof ! J’ai l’habitude et ça passe pour cette fois. J’aurais dû me vêtir moins exposé…

R

:

Comme nous y sommes… Ces talents de télépathe, c’est depuis quand que vous les exercez ?

C

:

Ces talents, comme vous dites, ainsi que tous mes autres pouvoirs, je les développe depuis, me semble-t-il, ma naissance ou, à tout le moins, depuis que je suis gosse.

R

:

Hormis le fait que vous lisiez dans les têtes des gens, seriez-vous dotée de facultés de contrôle mental ?

C

:

Ouais ! Pour cela, cependant, il est indispensable que celui à qui je veux suggérer un comportement me regarde droit dans les yeux durant au moins cinq secondes. Avec un peu d’effort toutefois, il peut m’arriver de contrôler huit à douze individus sans que je les fixe des yeux.

R

:

De tels pouvoirs font carrément de vous le maître du monde !

C

:

N’exagérons rien. Il suffit que vous portiez un casque métallique ou que j’en porte moi-même pour annuler tous les effets. Bien évidemment, ce n’est pas à tous les coins de rue que l’on vend des casques en fer ou en cuivre.

R

:

Ça fait toujours de vous le maître du monde…

C

:

Non. J’ai constaté il y a bien longtemps qu’une espèce de force ou d’entité joue le rôle de régulateur afin d’éviter tout débordement. C’est ainsi que je n’ai toujours pas accès à certains secrets d’État ou aux codes de carte de crédit d’Untel (à moins qu’il ait la bonté de me le communiquer verbalement ou par écrit de son plein gré). Et croyez que je me suis maintes fois amusée à le faire.

Quant au contrôle de pensée, sur le moment, ça marche. Mais les conséquences ne tardent guère si ce que j’ai obtenu de quelqu’un viole le sens éthique ou moral. Lorsque j’avais 17 ans, je suis parvenue, dans une crise d’adolescence, à suggérer au plus beau mec du lycée de coucher avec moi. C’était le pied, certes. Cependant, durant presque six mois, j’étais privée de tous mes pouvoirs et sujette à des troubles digestifs intempestifs durant presque un an ! Je me rappelle avoir raté une épreuve pour avoir quiché sur ma copie. Et chose inhabituelle, j’avais pas vu venir…

R

:

Demain, je m’achète un casque à l’Hétérodyne ([2]) !

C

:

Très drôle…

R

:

Disons à présent un mot sur vos dons médiumniques.

C

:

Vous savez, la médiumnité comporte tant d’aspects… du voyage astral aux diverses prémonitions en passant par l’hypnose dans tous ses états.

R

:

Si vous nous parliez de tout cela ?

C

:

Je vais essayer de résumer.

Concernant les voyages astraux, je peux dire qu’il ne se passe pas une seule nuit que je n’en pratique pas.

R

:

Et comment dormez-vous alors ?

C

:

Au début, en effet, quand ça m’arrivait spontanément, sans exercices ni techniques de relaxation, je me réveillais assez épuisée. Aujourd’hui, j’y prends goût et parviens à canaliser mes pulsions cosmiques, si c’est ainsi que je doive m’exprimer. J’avoue que je maîtrise pas mal d’arcanes du monde astral, de haut comme de bas niveau. Quoique nul ne puisse vraiment comprendre tous ces mondes parallèles dans leur totalité.

R

:

Quand bien même vous connaîtriez pas mal d’aspects de l’ « autre côté », j’ose croire que vos synapses et vos neurones ont besoin de repos.

C

:

Bah ! Une heure de sommeil par jour me suffit largement et je peux me passer de roupiller 14 jours d’affilée !

R

:

Est-ce que vous croyez à la réincarnation ?

C

:

Question aussi stupide que de demander si j’avale par la gorge ! Douter de cette loi universelle serait remettre en cause la notion d’un Créateur de tout ce qui est. Encore que le présent, le passé et le futur, selon moi (et je ne suis pas la seule à le constater) ne sont que des mots pour désigner un même état dimensionnel de quatrième palier : le temps, immuable et mouvant à la fois.

R

:

Là, je ne pige plus !

C

:

Normal… La couleur de votre aura trahit un raisonnement cartésien aux bornes trop resserrées.

R

:

Et vous seriez la réincarnation de quel illustre personnage imaginien, entre autres ?

C

:

L’esprit d’un sage ayant vécu il y a environ 50 000 ans dans la Cité Évoluée ([3]), à Lourd, anime ce corps de jeune femme qui répond à vos questions.

R

:

Hein ? L’esprit d’un homme dans le corps d’une femme ?!

C

:

C’est rare, mais ça survient… Comme le sujet semble vous troubler, je préfère aborder le thème de la prémonition, si ça ne vous dérange pas.

R

:

Du tout, du tout !

C

:

Je suis pleinement en mesure, simplement en vous regardant durant une minute, de prédire les phases clés de votre avenir. En touchant le dos de l’une de vos mains, je peux même appréhender les circonstances de votre décès. Une petite démonstration ?

R

:

Sans façon ! Ni du regard ni des mains !

Puis-je vous interroger sur un truc à la fois angoissant et bidon ?

C

:

Sur la fin d’Imaginos ?

R

:

Comment savez-vous ?  Ah, j’oubliais… Votre don de télépathie.

C

:

Notre mini-monde, selon mes sources, ne sera pas détruit au sens que le commun des mortels l’entend. Il va se transformer en un clin d’œil et basculer dans un autre état palpable et subtil plus élevé.

R

:

Quand cela arrivera-t-il ?

C

:

Au moment où 95% de la population subira un éveil de conscience. Rassurez-vous, vu l’état de crasse et de bassesse de l’âme de la plupart de mes compatriotes, c’est pas demain la veille que pareille transformation s’opérera…

R

:

Et de quelle façon vous mourrez ?

C

:

Cela vous surprendra, mais je l’ignore. Tout comme la date de ma sortie de cette enveloppe m’échappe totalement.

R

:

Étrange, en effet…

C

:

Possible que certaines entités haut placées ne désirent guère que de telles informations me détournent de ma mission sur ce plan.

R

:

Une autre question terre à terre : quelle est votre date de naissance ?

C

:

Le 19 novembre 1982.

R

:

Hum…

C

:

Eh, attention à ce à quoi vous pensez ! N’imaginez pas un seul instant que comme je suis d’un signe d’eau, vous allez pouvoir vous servir de mes dispositions naturelles qui poussent, je le reconnais, à séduire. Si vous continuez à développer de telles ondes négatives, je vous contraindrai d’arrêter cette interview !

R

:

Veuillez me comprendre, Madame Costa. Tout homme normalement constitué ne restera pas indifférent à votre port assez… remarquable.

C

:

Bon. Je supporterai. Tournons la page et abordons un autre volet.

R

:

Avant, j’aimerais savoir si vous croyez à des êtres non imaginiens pilotant des vaisseaux spatiaux.

C

:

Voilà une conception caricaturale de cette réalité qui est bien plus complexe que vous ne l’imaginez. Y parler ici prendrait des heures et fait l’objet d’un de mes livres. Retenez à ce niveau qu’autant des créatures d’autres planètes, d’autres univers et d’autres dimensions que des créatures imaginiennes tridimensionnelles, mais camouflées, visitent notre mini-monde. Pour le commun des mortels, tout cela est aussi touffu que les cheveux de ma grand-mère. Quant à d’éventuels vaisseaux, oui, il y en a. Et tous ne sont pas nécessairement physiques au sens où nous l’entendons. Quantité d’écrivains et de témoins ont eu à le vérifier.

R

:

OK, quittons l’aspect spirituel de vos dons pour évoquer des facettes plus matérielles. Il semble, par exemple, que vous avez le pouvoir de déplacer des objets de toutes tailles.

C

:

De toutes tailles ? Décidément, on vous a sacrément bien renseigné ! M’a-t-on déjà vu déplacer des montagnes ou des immeubles 30 étages !... Il ne m’est pas impossible de déplacer ce verre et ce bouquin en même temps… (Devant mes yeux écarquillés, Costa fait léviter ces objets apparemment sans le moindre effort). Par contre, je suis incapable de soulever des masses excédant une tonne environ.

R

:

Ma foi, c’est déjà pas mal. Vous pouvez également transporter dans les airs des personnes ou des bêtes, disons une charge de 800 kilos composée de sept lourds individus et d’un pourceau ?

C

:

Avec un peu de concentration. Toutefois, je ne peux soulever un corps à plus de 50 m de hauteur ni l’emporter à l’horizontale à plus de 300 mètres, quelle que soit sa masse.

R

:

Et pourquoi toutes ces limites ?

C

:

J’avoue que je n’en sais trop rien. Psychiquement, je me crois en mesure de soulever des masses de poids indéterminé. Alors que je tente l’expérience sur des choses excédant 1000 kg, une drôle de force s’oppose à mes pouvoirs. Cette force, il est important que je le précise, n’a rien à voir avec le poids, la masse ou la gravitation. Elle paraît extérieure à l’objet à soulever et à sa nature physique. Je soupçonne une fois de plus cette entité régulatrice qui m’empêche peut-être de faire des bêtises.

R

:

C’est tant mieux pour tout le monde. Si vous deviez délocaliser le Mont Aïcapik de Fibreux, quelle perte immense ce serait pour notre chère région !...

C

:

D’où tirez-vous ce sens de l’humour ?

R

:

Un don… Dites un peu, à part soulever des masses, savez-vous traverser des corps solides, comme un mur ou une porte ?

C

:

Aussi bizarre que cela paraisse, nenni ! Néanmoins, j’ai quelque pouvoir de guérison. Si je me concentre suffisamment et que la personne souffrante possède un haut degré de foi, certaines plaies ou lésions s’estomperont, voire disparaîtront. Mêmement pour les maladies diverses, y compris celles que Dame la Science considère à ce jour comme incurables. Un toucher de la partie atteinte, ou de la tête si tout le corps n’est pas bien portant, est nécessaire. La séance peut durer jusque huit heures ! Personnellement, je n’aime pas trop pratiquer ce don : il est fort épuisant.

R

:

Est-ce que vous tombez malade ?

C

:

Comme tout le monde. Sauf que je me soigne la plupart du temps soit au moyen de plantes médicinales, soit à l’aide de l’homéopathie, soit encore grâce au zen macrobiotique ou à toute autre technique méditative.

R

:

Et ça marche ?

C

:

Vu les maux dont j’ai souffert, si ça marchait pas, je serais pas ici pour m’entretenir avec vous ! Je lis dans vos pensées une question peu sensée que vous vous apprêtez à poser. J’y réponds : oui, je suis dans l’incapacité totale à remettre à sa place un membre amputé. Mais il m’est toujours possible de replacer un os luxé ou de réduire une luxation.

R

:

Savez-vous faire disparaître un objet ou un homme ?

C

:

Il ne s’agit pas d’une disparition au sens de la dématérialisation, mais d’une invisibilité. La chose ou la personne est toujours présente dans ce plan tridimensionnel, toujours palpable, toujours matérielle, mais indiscernable à la vue. Les mêmes contraintes de masse que celles du déplacement valent ici : je ne peux faire disparaître plus d’une tonne à la fois.

R

:

Ce don vous demande-t-il des efforts particuliers dans son exercice ?

C

:

La simple pensée suivie du regard suffit. Mais comme d’habitude, la fameuse force ou entité régulatrice me remettra les pendules à l’heure si je fais disparaître un individu ou une chose sans raison valable (colère, blague ou toute autre envie/sentiment négatif).

R

:

La disparition est-elle progressive ou instantanée. Elle dure combien de temps ?

C

:

La disparition est aussi soudaine qu’un clin d’œil. Elle varie, selon des paramètres que je ne maîtrise pas, d’une demi-heure à plusieurs jours, parfois deux semaines ! Raison pour laquelle je me garde bien de m’amuser avec ce pouvoir.

R

:

Pouvez-vous vous rendre invisible ?

C

:

Aussi facilement que je vous parle. (À l’instant, je perds Costa de vue). Et je peux régler à volonté la durée de mon invisibilité.

R

:

Même si vous dormez ?

C

:

Même dans un profond sommeil. Toutefois, comme je l’ai déjà dit, si de mauvaises intentions m’animent quant à l’usage de ce don, je réapparais immédiatement après avoir nourri ces nuisibles pensées. Voulez-vous que je redevienne visible ?

R

:

Votre sourire ravageur me manque… (Costa rigole et réapparaît). D’aucuns racontent que vous êtes dotée d’ubiquité.

C

:

Aucun humain ne peut se retrouver partout à la fois. En revanche, je pratique la bilocation, mais généralement inconsciemment.

R

:

Expliquez-nous un peu cela…

C

:

Une ou deux fois, des connaissances et amis m’ont rencontrée et ont même échangé avec moi à X endroit, alors que je piquais tranquillement un somme dans ma chambre à Y endroit, à plus de 4 000 km du lieu de ma rencontre !

R

:

Un voyage astral, peut-être ?

C

:

Possible. Mais alors d’un autre type. Je comprends que chaque fois que je me réveille après ce genre de situation, je me souvienne de chaque fait et de chaque geste de mon double. Je ne m’explique guère pourtant par quel tour cosmique mon double est matériel… Heureusement, cela m’arrive rarement, en moyenne une fois tous les dix ans. J’ai cependant un pouvoir meilleur que la bilocation.

R

:

Lequel donc ?

C

:

Avec un minimum d’imagination et de concentration, en touchant mon front avec le bout de mon index, il m’est loisible de disparaître et d’apparaître presque à la seconde à un autre endroit tridimensionnel, peu importe les distances !

R

:

C’est carrément de la téléportation sur le plan physique et mental ! Fabuleux ! Ça vous épargne pas mal de billets.

C

:

Et comment !

R

:

Avez-vous déjà tenté de quitter Imaginos pour explorer l’espace ?

C

:

Bien entendu, et sans succès… J’ai la nette impression que mes dons ne peuvent s’exercer que dans la biosphère imaginienne. Et je ne le répéterai jamais assez, lorsqu’il est question de faire mauvais usage de mes pouvoirs, soit ça ne marche pas comme il faut, soit si ça marche, les conséquences sur mon être seront plus ou moins désagréables à court ou moyen terme.

R

:

Un exemple ?

C

:

Pas plus tard qu’il y a huit mois, j’ai sauvagement insulté l’un de mes collègues psychologues qui a osé me tapoter le derrière. Il s’est tellement senti offusqué qu’il a illico porté plainte au commissariat du coin de l’avenue. On s’est saisi de moi et je ne pouvais pas contrôler l’esprit des poulets. On m’a jeté au cachot où j’ai essayé de me téléporter. Tout ce que j’ai réussi à obtenir était une minable apparition dans le bureau du commissaire en chef, à quelques pas de ma cellule ! Après avoir payé la caution, je m’étais juré d’auto-suggérer une saloperie à mon collègue. Cette simple idée me donna d’horribles céphalées durant presque 24 h.

R

:

Oh là ! On n’a pas vu le temps passer. On touche presque à la fin de cet entretien des plus passionnants. Parlons, pour achever en beauté, du pouvoir que tous vous connaissent avoir : le vol. Est-ce un don inné ou acquis au fil du temps ?

C

:

Depuis ma prime enfance, je lévite sans effort. Je suis d’ailleurs plus à l’aise en état de flottement qu’assise sur un siège ou sur toute autre surface. J’ai commencé véritablement à voler dès l’âge de 15 ans.

R

:

Y a-t-il un plafond en termes de hauteur ou de vitesse ?

C

:

Disons que je ne peux dépasser 1 500 m d’altitude au-dessus du plancher des vaches, que le sol soit plat ou montagneux. Pour ce qui est de la vitesse, je n’ai jamais dépassé Mach 1, c’est-à-dire plus ou moins 1060 km/h.

R

:

Aucune limite physique ou psychique ?

C

:

Psychiquement, je ne fournis quasiment aucun effort. Seule l’entité régulatrice m’empêche de monter trop haut ou d’aller trop vite. Physiquement, évidemment, ça creuse. Je dois me ravitailler tous les 3000 km environ et j’ai tellement la dalle que j’engloutis couramment six hamburgers pour faire le plein d’énergie !

R

:

Comment ingurgitez-vous de telles quantités ?

C

:

Je ne sais pas trop. Une fois, mes yeux étaient plus gros que mon ventre. J’ai largement dépassé la quantité que je pouvais tolérer. Je me suis sentie si pleine et si mal qu’un doigt dans la gorge fut la seule voie de soulagement immédiate. Je vous épargne volontiers les détails. J’apprends à me maîtriser au jour le jour.

R

:

Pouvez-vous transporter des charges durant vos vols ?

C

:

Oui. Pas plus de 60 kg. Au-delà, je ne peux même pas décoller.

R

:

Volez-vous à la verticale ou en douceur ?

C

:

Généralement, je vole et je décolle en douceur. Mais pour épater la galerie, j’aime bien décoller à vitesse grand V, les bras le long du corps. Port de babouches exclu et il faut bien lacer ses chaussures…

R

:

Une dernière question, en guise de conclusion : compte tenu de vos si merveilleux pouvoirs, n’y a-t-il pas une foule de détracteurs qui veulent votre peau ?

C

:

Depuis que je suis bébé, lorsque mon être sent une agression mortelle, soit il développe un mécanisme de défense, soit il s’abstient d’agir. Ma mère ne cesse de me raconter que quand j’avais neuf mois, une grosse noix de coco se détacha de son arbre et s’apprêta à tomber sur ma petite caboche. À deux mètres de mon visage, ladite noix s’immobilisa. Ma mère s’en saisit. Au toucher, elle semblait un peu tiède et très légère. Ce n’est que lorsqu’elle l’écarta de mon visage qu’elle reprit son poids normal. Mieux : en 2000, le mec que j’avais forcé à avoir des rapports sexuels avec moi, pour lui avoir avoué mes tours, voulut, mû par je ne sais quels démons, m’assassiner. Il entra par effraction et visa une arme de fort calibre sur ma poitrine. J’entendis un coup de feu retentissant qui alerta le quartier, suivi de hurlements de douleur. C’était le garçon qui venait de se loger une balle dans sa propre jambe droite !

R

:

Qu’est-ce donc à dire ?

C

:

Soit dans mon sommeil, mon esprit à suggéré au monsieur de se tirer dessus, soit la force régulatrice y était pour quelque chose. Toujours est-il que je n’ai pas senti le gars s’approcher : le voyage astral que j’ai entrepris cette nuit-là m’emporta dans des sphères assurément trop hautes

R

:

A-t-on été tenté de vous empoisonner au cours de votre existence ?

C

:

Je croyant en vous entendant que vous aviez depuis longtemps posé votre dernière question.

R

:

Euh… Je constate qu’il me reste encore cinq minutes…

C

:

Faux ! C’est juste ma compagnie qui vous charme. N’essayez pas de me tromper, je lis dans vos pensées, ne l’oubliez pas. Comme cependant je me suis levée de fort bonne humeur ce matin, je réponds. On cherche à nuire à ma santé physique et mentale de mille une manières. Je me suis toujours fiée à mon intuition. Quand mon cœur me dit « Ne mange pas », « Ne sors pas » ou encore « Tais-toi », je m’exécute sans délai… Quand quelqu’un ou quelque chose d’assez puissant m’attaque psychiquement, j’ai dans mon carquois tout un tas de combines pour contrer ces mauvais coups.

R

:

Vous est-il possible de tuer un quidam psychiquement ou à l’aide de vos pouvoirs ?

C

:

Théoriquement oui. En réalité, cela ne m’a guère encore été permis. J’ai plus d’une fois machiné ôter la vie à plus d’un politicien véreux. Rien que d’y penser, la force régulatrice me fout une migraine durant des minutes, parfois des heures.

R

:

Eh bien, je crois que j’en ai fini avec vous, Madame Costa. Le mot de la fin ?

C

:

Un homme spirituellement peu élevé ne vaut pas mieux qu’un vieux mollard d’asthmatique grippé.

R

:

Très profond…

ADDENDA : COSTA SEPTENATANA EN QUELQUES MOTS

Nom et post-nom

:

Costa SEPTENATANA

Sexe

:

Féminin

Date et lieu de naissance

:

Mollovilles, le 19.11.1982

Taille et poids

:

1 m 75, 72 kg

Adresse habituelle

:

76, Boulevard Anguleux, 16020, Mollovilles.

État civil

:

Célibataire, et sans mec.

Études faites

:

Primaires et secondaires au Lycée Merlin l’Enchanteur. Diplômée en Belles-Lettres avec mention « Distinction » (78%).

Licenciée en Psychologie de l’Université Scarabreux à Préhistorvilles.

Profession

:

Hypno-thérapeute indépendante.

Écrivaine dans ses heures perdues. Auteur d’un best-seller (« Splendeurs Imaginales et Majestuelles », Éditions Orgones de Vie, Toutouvilles, 2006).

Sa passion

:

Aider les autres.

Ses hobbies

:

Méditations, promenades à vols physiques, débats tournant sur le paranormal.

Elle déteste

:

Les injustices, les menteurs, les raisonnements primaires.


[1] Malether = Préhistorvilles

[2] L’Hétérodyne est une surface marchande des plus achalandées présente un peu partout à Imaginos

[3] La Cité Évoluée est l’équivalent terrestre de l’Atlantide. Elle maîtrisait à la fois de grands pans de la science rationaliste et des méandres insoupçonnés de haute spiritualité.

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05 janvier 2009

Aller-retour original…

Aller-retour original…

L’Honnêteté, je ne vous apprends rien, figure parmi les qualités morales les plus enviées en ce monde corrompu. Or, il est de ces individus qui se complaisent jusqu’à l’orgasme dans des activités et circuits on ne peut plus douteux. Heureusement, à ce genre d’énergumènes, la nature, ô combien vengeresse, rend très souvent la monnaie de la pièce.

Fulgence Adnakim, un jeune homme véreux, en a fait la triste et édifiante expérience…

Fulgence est un soi-disant musicien de profession. Je dis « soi-disant », parce qu’il chante comme pas permis. Conscient de ses maigres talents en la matière, il sait parfaitement que la vie lui sera ingrate s’il ne s’accroche qu’à cette profession. C’est ainsi que, depuis belle lurette, notre escroc cumule des tâches par trop suspectes, mais assez lucratives. En effet, en deux mois seulement, Fulgence est parvenu à réunir une somme nécessaire à la confection d’un faux passe­port, à l’obtention d’un faux visa et d’un billet aller-retour Préhistorvilles-Moltouvilles (vrai, celui-là !)

Le voilà qui monte dans un avion Prixon, la conscience libre, mais les mains char­gées des méfaits de tous noms. Qui ignore, dans le quartier, que Fulgence a ruiné cinq orchestres de renom en trafiquant leur D.A.T ? N’est-ce pas ce même Fulgence qui a discrédité dix dépôts en leur vendant du sable à la place du sucre ? Pire ! C’est Fulgence qui s’est érigé en pasteur et a détourné l’équivalent de 40 000 $ ! Et je ne cite là que des faits mineurs…

Adnakim prend l’avion, arrive à desti­nation, loue un hôtel 3 étoiles au centre-ville et croit y rester deux mois. Le pauvre ! Il ne sait pas qu’il ne passera pas une seule journée à Moltou­villes. Voyez donc la chose incroyable qui va lui tomber comme une enclume…

Fulgence est exténué. Dix mille kilo­mètres en avion sans escale, quoi de plus épuisant. Une bonne douche froide ne peut être de refus…

Dans un peignoir trop élégant pour vê­tir pareille racaille, notre crapule se dirige pompeu­sement vers la salle de bains. Après une toilette d’une demi-heure où s’il s’est débarrassé de sa crasse corporelle (non de sa crasse d’esprit), Adnakim prend le parti de sortir regagner sa chambre. Dès qu’il ouvre la porte, un éblouissant soleil le frappe au visage (une tête qui n’inspire que méfiance). Fulgence est aveuglé dans un premier temps. Peu après, lorsqu’il s’accoutume à la vive clarté, il n’en croit pas ses yeux…

Fulgence a les pieds enfouis dans la vase d’une rivière. Après quelques réflexions, il réalise qu’il s’agit de la rivière Stégonia qui cein­ture le Nord et l’Est de Préhistorvilles ! Le jeune se retourne pour voir s’il a bien laissé la salle de bains derrière. Ô, pure surprise et grande peine ! L’hôtel 3 étoiles s’est transformé en une miteuse case abandonnée.

Complètement sonné, Adnakim avance en titubant, bien vêtu de son peignoir. Un camion sans phare ni pare-brise manque de l’écraser.

L’erreur n’est plus possible : Ful­gence se retrouve dans la banlieue de la ville à laquelle il a fait ses adieux il y a moins de 12 heu­res ! Le malheureux gars, par je ne sais quel habile tour de magie (noire, probablement), se retrouve à la case départ comme s’il n’avait jamais foulé le sol de Moltouvilles.

L’amer constat fait et refait, Adna­kim pousse un cri déchirant et se met à se marrer tout seul. Eh oui ! Il a pété un plomb…

Moralité : toi, véreux personnage, sa­che bien qu’un beau jour, tu rongeras un fruit empoisonné…

Posté par Kule Tundira à 23:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

L'affaire Piotr Adnoke

L'affaire Piotr Adnoke

La compagnie des textiles Phylinx Préhistorvilles vient de licencier l’un de ses directeurs. Et ce, pour un motif valable : mauvaise gestion notoire enregistrée dans le secteur Coton-Imprénables. Ledit directeur se nomme Piotr Adnoke. L’affaire fait scandale dans la presse imaginienne.

Sentant qu’outre les sanctions administratives, les poursuites judiciaires ne tarderont pas, d’autant plus que dans le passé, il avait été accusé de détournement, mais s’en était tiré à bon compte à grands coups de pots-de-vin, Piotr prend clandestinement fuite et se rend furtivement et rapidement à son village natal. Il ne va pas pour se la couler douce, loin s’en faut. Il s’y rend plutôt pour rencontrer son vieil oncle Gevaert Nawgnob, un terrible sorcier de fort mauvaise réputation. Pour votre gouverne, ledit oncle est capable de transférer des biens matériels d’un point à un autre, voire des hommes et des animaux. Bien plus ! Il a toute la magie nécessaire pour effectuer des couper-coller d’un système informatique ou d’un support à un autre !

Et Piotr veut tout justement s’attaquer aux ordinateurs de la société qui l’a remercié. Son plan méphistophélique consiste à s’approprier tout l’exercice comptable 2003 de Phylinx Préhistorvilles sans laisser de traces. Réussir pareil exploit, même pour un sorcier du calibre de Gevaert, demande de posséder le mot de passe administrateur et le mot de passe du fichier de l’exercice. Il se trouve que Piotr, fureteur averti, est en possession desdits mots de passe. Je vous épargne l’histoire de leur obtention…

Mais pourquoi chercher à s’approprier un exercice comptable ? La raison tombe sous le sens : faire chanter la société des textiles, histoire qu’elle réintègre Piotr dans ses fonctions, tout en le dispensant de toute affaire en justice compromettante.

Ce 12 septembre 2003 donc, aux alentours de minuit, le grand sorcier Gevaert susurre des incantations dans une salle secrète de sa grande case. Au même instant, dans une salle tout aussi secrète de la compagnie textile, les bits s’activent. Par un tour qui ne dit pas son nom, l’ordinateur qui loge l’exercice 2003 démarre tout seul !!! Deux autres formules magiques plus tard, le PC génère lui-même le mot de passe administrateur, clique sur la session et lance la procédure de formatage du disque dur ! L’opération terminée, il commute en mode veille.

Mais la diablerie ne s’achève pas là. Quelques minutes plus tard, toutes les sauvegardes de l’exercice 2003 se volatilisent littéralement ! Un grand vent souffle enfin dans la case du sorcier, signalant la fin des tripotages nocturnes. Deux secondes plus tard, un CD-R tombe comme du néant sur la table de salon de Gevaert. Libre à vous de me croire ou pas, ledit CD a été magiquement gravé et contient le fameux exercice 2003 !

Deux jours plus tard, Piotr prend le train et se rend, CD en poche, quelque part à Moltouvilles, dans la région de Gluant. Dans un cybercafé banal situé dans un quartier non moins quelconque de la ville, il envoie un e-mail de menace au directeur qui l’a fait sauter. Outre qu’il veut être réengagé, Adnoke a le culot de demander pas moins de 20000 I afin qu’il remette l’exercice 2003.

À Phylinx Préhistorvilles, consternation totale. Le disque dur du PC « maléficié » refuse de restaurer la moindre donnée. Il résiste à tous les logiciels de récupération. Les informaticiens de service se creusent la cervelle, se demandant légitimement de quelle manière l’ordi est devenu amnésique en une nuit. Comment a-t-il pu démarrer de lui-même ? Qui le contrôlait à distance et qui plus est, hors réseau (en effet, le PC est isolé dans une salle quasi-vide) ? Comment surtout toutes les copies de l’exercice, et seulement ces copies, demeurent introuvables ?

Bertin Shatoroki, PDG de Phylinx, soupçonne du mysticisme dans cette histoire. Il intime l’ordre de ne pas intéresser la police imaginienne. Selon lui, à affaire ésotérique, il convient de lutter par le moyen des procédés ésotériques. Il est naturellement fait recours aux services d’un cabinet d’avocats fort réputé dans la cité : le cabinet Gnodnam. Vous me demanderez ce qu’un groupe de maîtres peut bien faire dans pareille affaire scabreuse. Eh bien, sachez dès à présent que le cabinet Gnodnam est spécialisé dans les dossiers où l’occultisme et la sorcellerie se sont distingués. Ledit cabinet dispose d’un réseau d’enquêteurs on ne peut mieux implantés dans tous les recoins d’Imaginos.

Pendant ce temps, Piotr s’arrange pour changer de domicile chaque deux jours. Le voilà qui quitte Moltouvilles pour l’autre bout d’Imaginos : Étrangvilles. Afin de brouiller les pistes, du moins il se l’imagine, il voyage en voiture avec de faux documents. Heureusement pour lui, les services de sécurité des autres régions ne sont pas encore mis au parfum du scandale. Toutefois, à chaque fois que Piotr tend ses papiers, il éveille la suspicion des policiers : n’est-ce pas la tronche du Monsieur qu’on balance à la télé, qui aurait semé le bordel à la compagnie textile ?

Notre malfrat débarque à Étrangvilles le 23 septembre. Il va louer un hôtel peu connu au fin fond de la ville, loin de tout regard indiscret.

À Préhistorvilles, dans les locaux du cabinet d’avocats, les choses semblent progresser. Quentin Gaviantin, un excellent médium, après scrutation des empreintes digitales de Piotr obtenues dans ses dossiers, vient de localiser ce dernier avec une précision digne de celle d’un GPS ! La police est immédiatement alertée, sous l’accord de Bertin lui-même. Moins de trente minutes plus tard, Piotr est capturé et transféré à Préhistorvilles. Il n’a même pas eu le temps de penser vouloir fuir. Trois chefs d’accusation l’attendent au Parquet du 7e Arrondissement : faux et usage de faux, vol et menaces.

Le cabinet Gnodnam, qui représente la société Phylinx, estime que l’affaire comporte un caractère éminemment ésotérique et propose qu’elle soit traduite près un Tribunal des Litiges Mystiques de second niveau. Après plusieurs tergiversations de droit, le Parquet finit par céder.

Après un procès assez expéditif, Adnoke est condamné, pour vol irrationnel simple, à cinq ans de tôle et 2000 I d’amende.

Il est évident que ni Piotr ni les avocats du cabinet Gnodnam ne désirent divulguer la moindre technique occulte quant aux méthodes que chacun d’eux a employées à des fins diamétralement opposées.

Posté par Kule Tundira à 23:45 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Le téléviseur modérateur

Le téléviseur modérateur

Ça s’agite terrible au salon de chez Félix Obmetak. En effet, ce 15 juin 2005 se joue la finale d’un match de rugby qui oppose les équipes les plus prestigieuses d’Imaginos : les Rassis d’Amorphe et les Crabouills de Gluant. Notre gars et sa dizaine de potes font un tapage à réveiller un pendu décapité, qui s’entend parfaitement de l’extérieur.

Désiré Obmetak, le paternel à Félix, rentre du bouleau exténué. Son souper l’attend, mais la fatigue l’emporte sur sa faim. De plus, Madame a effectué un saut à un deuil chez l’une de ses copines d’enfance qui a perdu sa tante maternelle. À son arrivée à la piaule, il salue tout le monde, puis fait un signe discret à Félix, comme pour l’appeler en aparté.

La remarque faite par Désiré vaut son pesant d’or : son chez-soi est le siège d’un tohu-bohu désagréable. Il demande à son fils que ses camarades braillent moins, car il doit dormir juste deux heures. Félix fait mine d’écouter. Mais arrivé au salon, il ne signale pas à ses compagnons le boucan qu’ils font. Les hurlements d’excitation persistent sans accalmie.

Alors que nos jeunes spectateurs sont plongés dans le bain du match, une chose des plus curieuses survient. Une brusque chute de tension de moins d’une seconde fait s’éteindre brièvement le téléviseur. Dès que celui-ci se rallume, Félix et ses potes sont stupéfaits de voir non pas du rugby, mais la tronche du maître des céans qui vient tout juste d’aller piquer un somme ! Son faciès menaçant et son regard injecté de sang se dessinent nettement sur l’écran 21 pouces et ce, dans un fond glauque. Furax, il s’exprime devant les jeunes ébahis à peu près en ces termes : « C’est donc impossible pour vous de la fermer un peu ? Vous pouvez pas laisser les honnêtes gens roupiller ? Si je vous surprends encore en train de criailler, j’arrête la télé et je vous envoie promener. Quant à toi, Félix, rendez-vous après le match. On a des choses à se dire… ».

À ces mots, une autre chute de tension, identique à la précédente, fait s’éteindre le téléviseur. Une fraction de seconde plus tard, le match se poursuit comme si rien ne s’était produit. Les Rassis ont même marqué un but. Certes, c’est l’équipe favorite de nos jeunes spectateurs, mais personne n’ose élever la voix ni même souffler mot. Ce calme plat perdure jusqu’à la fin de la partie. Le match terminé, placidement, les amis à Félix se lèvent de leur siège et regagnent la porte, toujours en silence. Ils savent parfaitement que le vieux de leur camarade est un as des arts obscurs, mais là… C’est le coup de l’année !

Pauvre Félix ! Il attend stoïquement la punition que son paternel lui réserve à son réveil…

Posté par Kule Tundira à 23:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 octobre 2008

VOITURE PLONGEANTE

VOITURE PLONGEANTE

À presque 200 km au Sud-Ouest de Malether s’étend à perte de vue une vaste étendue d’eau de 473 km2 : l’Étang aux Croacrazores. Étang de nom en fait, vu les dimensions et les profondeurs de cet ensemble aqueux. Ensemble aqueux, il faut l’avouer, qui, à l’exemple du Loch Ness, en Écosse, ne laisse pas voir grand-chose de ses entrailles, tant ses eaux sont boueuses. Tellement boueuses que certains personnages, usant de tours magiques comme on use des souliers, y pénètrent… et y demeurent assez longtemps en total état d’apnée ! Et ce, sans que nul profane ne sache ce qu’ils y machinent… Venant Ompikilik, ancien employé de Limaxx Automobiles, a failli durement payer les frais de sa curiosité. Il travaille désormais dans une compagnie de consommables informatiques, à Toutouvilles, dans la région de Coriace. Pour livrer son témoignage, il a sagement attendu non seulement de changer de boulot, mais surtout que la personne directement visée (dont on se gardera bien de citer le nom) soit mise en bière, pour ne pas dire en terre.

Le 1er/2/1997, une nuit pure et fraîche, Venant et l’un de ses collègues de service (dont je ne mentionnerai pas le nom pour raison de sécurité) prennent de l’air au bord de l’Étang aux Croacrazores. Il est presque minuit. Directement à leur droite, sur une espèce de promontoire, le luxueux hôtel Hystagma brille de mille feux. Une voiture non moins luxueuse en sort, toutes vitres fumées, de couleur noire et aux allures de Hummer. Elle se dirige rapidement vers l’Étang en contrebas. En moins de deux minutes, le véhicule est à la bifurcation qui mène à la route que Venant et son collègue sont en train d’emprunter. Cette bifurcation est à environ 50 m droit devant nos promeneurs nocturnes. Cependant, au lieu de virer, notre bagnole s’arrête net. Résolument, elle descend la petite pente vers l’Étang et s’y enfonce sans autre forme de procès !

Au nirvana de l’étonnement, Venant et son compagnon se regardent. En courant, ils s’approchent de l’endroit où la voiture a effectué son plongeon. L’eau est encore toute agitée. « Vite, allons à l’hôtel et appelons la police », propose le collègue de Venant.

Aussi rapidement qu’ils le peuvent, nos deux gaillards remontent vers Hystagma. Ils ne savent pas qu’ils vivront là des événements aptes à exciter les partisans des théories du complot…

Lorsque Venant explique au concierge ce dont il a été témoin avec son compagnon, au lieu de s’alarmer, ledit concierge éclate de rire !

- « Non mais vous prenez pour une buse ou quoi ? Une voiture qui s’enfonce opiniâtrement dans l’Étang ! N’importe quoi ! Je ne me suis pas autant marré depuis deux décennies !

- Pourquoi vous ne nous croyez pas ?

- Ben, parce que vous puez le vin à plus de 30 m à la ronde, mes braves !

- C’est vrai qu’on a siroté ensemble un bon Fhéops (1), et alors ? On n’est pas ivres pour autant…

- En plus, vous déclarez que cette bagnole a quitté l’hôtel. Aucun engin, même pas une trottinette de gosse, n’est sorti d’Hystagma ces trois dernières heures.

Concierge, on a vraiment l’impression que vous vous fichez de nous ! La police, elle, nous croira. Peut-on avoir le numéro d’urgence du patelin ?

- Pourquoi devrais-je vous le donner ? Les agents de l’ordre vous prendront pour des ivrognes et ce serait une nuit au cachot. Comme vous me faites pitié, je préfère que vous n’ayez pas d’emmerdes… »

Le concierge ajouta autre chose qui mit la puce à l’oreille de nos deux compagnons : « De toutes les manières, même si un véhicule vient de sombrer, personne ne peut rien y faire : l’eau des Croacrazores est si vaseuse qu’on n’y voit goutte à 20 cm et sa profondeur minimale est de 540 m. Suivez plutôt les infos locales : je doute fort qu’on y invoque quelque disparition que ce soit… »

Fort intrigués, Venant et son collègue de service prennent le prochain bus pour Orchonties, à deux pas de l’hôtel Hystagma. Ils n’ont pas rêvé : le véhicule est bel et bien entré dans l’Étang. Et avant de se diriger vers la masse liquide, il a bel et bien quitté l’hôtel. Quant au concierge, il a bel et bien menti, histoire, selon toute vraisemblance, de cacher quelque chose… Forts d’une telle analyse, nos gars en conviennent, avec justesse, qu’il s’agit là d’une affaire louche dans lesquels des individus de base comme eux feraient mieux de ne pas s’impliquer, ni de près ni de loin. Venant et son compagnon prennent ainsi le parti de n’informer personne de ce qu’ils ont eu le privilège de voir. De toutes les façons, à part eux, qui encore a bien pu assister au plongeon de l’auto ?

Ainsi décidé, ainsi fait. Personne, même pas leur épouse, n’est mis au parfum de l’étrange aventure. Personne, rien n’est si certain…

Le lundi 3, dès leur arrivée au bureau, Venant et son collègue sont convoqués par un Directeur haut placé. Non pas suite à quelque manquement grave ou détournement, mais pour des causes assez inattendues… Le patron des deux employés expose sans détour ni équivoque l’objet de sa convocation :

- « Que faisiez-vous à minuit au bord de l’Étang aux Croacrazores ?

- Euh… On prenait de l’air !

- Vraiment ! Et comme par hasard non loin de l’hôtel Hystagma ?

- Y a-t-il un mal à ça, patron ?

- Venant, c’est moi qui pose les questions ici. Je ne sais pas qui vous envoie, mais je vous demande une chose : ne dites à personne ce que vous avez pu voir de mystérieux. Si j’apprends, de n’importe quelle bouche non autorisée, une information compromettante dans ce sens, je vous jure que non seulement vous perdrez tous deux vos postes, mais aussi votre vie et ce, plus rapidement que vous le pensez ! En d’autres termes, pour votre intérêt, vous la bouclez et vous n’avez rien vu, rien entendu hier soir. Est-ce bien clair ?

- Clair comme l’eau de roche, chef, répondent à l’unisson nos deux employés, tétanisés

- Bien, vous pouvez disposer… »

   Durant neuf ans, Venant et son collègue garderont le secret. Pour des raisons personnelles n’ayant rien à voir avec l’affaire, il prendra sa démission en 2004. Le Directeur de la société qui l’employait décédera deux ans plus tard, ironie du sort, électrocuté dans sa baignoire. Mort accidentelle ou fin de contrat occulte ? La question reste posée.


(1) Le Fhéops est un vin imaginien à forte teneur en alcool, à base de raisin écarlate.

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04 septembre 2008

Faire mouche

Faire mouche

Tanya et Osmond Alizaf dînent ce soir dans un resto trois étoiles de Préhistorvilles, le Tyranno Écailleux. Un bon plat au couscous de Blargk ([1]) leur est servi, accompagnée d’une liqueur capiteuse. Mais il semble qu’Osmond n’est pas tellement venu dans cet établissement pour consommer quelque nourriture servie.

¾    « Y-a-t-il un problème, mon cœur ? Tu manges du bout des lèvres…

¾    J’ai pas trop la dalle, ma puce ! Et tu sais bien pourquoi je suis ici.

¾    Chéri, c’est hors de question. Tu as déjà eu ta dose d’énergie vitale.

¾    Ma confrérie me demande encore plus de sang.

¾    Eh bien, trouve ce sang autrement ! Il y a plus d’une méthode pour sacrifier les gens, tu le sais. Pourquoi veux-tu te servir de cette procédure risquée ?

¾    Non mais tu me prends pour un novice ou quoi ?

¾    Mon amour, « maléficier » une mouche est peut-être simple dans tes tours magiques. Mais s’attendre à ce que la victime consomme cette mouche dans un verre relève de l’optimisme le plus dingue…

¾    Tu verras que je suis le plus fort. Tu as la trouille pour rien, mon chou !

¾    Tu sais que réaliser ce genre de coup demande concentration ?

¾    Je le sais mieux que toi. Couvre-moi donc, je commence déjà à invoquer les forces ténébreuses. Que personne ne remarque rien ! »

Osmond écarquille soudain grand les yeux et laisse pendre ses bras. Ses lèvres murmurent des incantations effrayantes bien qu’incompréhensibles. Quelques secondes plus tard, notre occultiste retourne sa main gauche qui était posée sur sa cuisse et laisse découvrir la paume. Comme par pur enchantement, une grosse mouche verte sort de ladite paume, virevolte quelque temps et va se poser sur le verre d’un jeune homme connu dans le coin, Ernst Tranklo. Osmond, quant à lui, a repris un regard plus ordinaire, mais tout de même assez hagard. Silencieux, on a l’impression que son esprit ou son âme a quitté sa carcasse pour investir celle de l’insecte.

Notre mouche ectoplasmique ne tarde guère à siroter une gouttelette du contenu du verre accrochée au bord. Fort malheureusement pour Osmond, la boisson que s’apprête à déguster Ernst est composée à 60% d’alcool. Sa mouche espion ne supporte pas et tombe dans le liquide clair comme de l’eau pure.

Cette chute inopinée de notre diptère met Osmond dans de très sales draps. Son pouls s’accélère à l’instant à un rythme de techno dure et une sueur profuse perle, puis tombe de son visage. Moins d’une minute plus tard, le corps entier de notre faiseur de sorts est envahi de forts tremblements et sa respiration se transforme en une suite de râles peu rassurants. Bref, Osmond étouffe…

Tanya, l’épouse de notre occultiste, au faîte de la panique, exige du secours en criant à tue-tête. Entre temps, Ernst s’aperçoit qu’une mouche agonise dans son verre de liqueur. Dégoûté, il appelle l’un des garçons du resto, tonne dessus en lui demandant une nouvelle bouteille. Confus, notre serveur va dans les cuisines verser la boisson frelatée dans un lavabo et en apporte une nouvelle. Au même moment, sur sa civière dans l’ambulance, Osmond expire bruyamment…

Occultiste apprenti ou sorcier de ton état, sache, en jouant tes sales tours meurtriers, que le risque zéro n’est pas de ce monde, ni du tien, d’ailleurs…


[1] Blargk est une contrée située à 250 km à l’Ouest de Préhistorvilles, connue pour son délicieux couscous aux testicules de chèvres.

Posté par Kule Tundira à 13:44 - Commentaires [1] - Permalien [#]